Cannibalisme : le menu « humain » n’est pas très calorique

Dr James Cole, un chercheur britannique à l’Université de Brighton nous partage sa découverte sur les raisons qui motivaient nos ancêtres à pratiquer le cannibalisme. Il se réfère principalement à l’époque du Neandertal, son domaine d’expertise en tant qu’expert en Paléolithique. Cette époque où les hommes se mangeaient entre eux.

Avec la civilisation, les hommes ont abandonné les pratiques qu’ils jugent immorales, dont le cannibalisme. Pourtant, au paléolithique entre 3 millions d’années et 10.000 ans avant notre ère, manger ses semblables n’avait rien de tabou. Afin de comprendre les raisons, le Docteur James Cole s’est penché sur la question.

Un comparatif insolite

Le scientifique en a pu déduire que la chair humaine est loin d’être copieuse. C’est assez surprenant comme découverte, mais nous ne sommes pas très nourrissants. Pour arriver à cette conclusion, il a comparé la valeur nutritionnelle de la chair humaine avec celle d’autres espèces animales mangées et chassées par nos ancêtres.

Le constat qu’il dresse est imparable. Un individu de 65 kilos apporte 32.300 calories, suffisamment pour nourrir une soixantaine de personnes. Or, cet apport est notoire par rapport à celui du mammouth qui lui procure 3,6 millions de calories, et celui d’un rhinocéros à 1,26 million de calories ou encore le bison qui apporte 612.000.

Attribution des valeurs énergétiques par membre

Dans les calculs effectués, seules les graisses et protéines de chaque membre du corps d’un individu sont prises en compte. L’historien a ainsi réparti les différentes parties du corps en y associant leur poids et leur valeur nutritionnelle. Les plus énergétiques sont le cerveau et la moelle épinière en dépit de leur faible masse. Les cuisses constituent un bon potentiel calorique, mais pas autant que le tissu adipeux.

« Sur le plan des calories, nous correspondons à un animal de notre taille et de notre poids », explique James Cole. Sinon, « l’homme reste une espèce plutôt maigre » rajoute le scientifique pour la simple raison que le gras est plus nourrissant que les protéines.

Le cannibalisme se repose sur des valeurs socio-culturelles

Résultat : le cannibalisme s’explique par des raisons « culturelles ou sociales », et pas juste alimentaires. « Même les épisodes de cannibalisme les plus anciens pourraient être des actes sociaux qui avaient une signification culturelle pour les consommateurs, au-delà du repas facile » indique l’étude.

On associe plutôt le cannibalisme à des hypothèses comme la défense de son territoire (manger son ennemi) ou encore l’exécution d’un rite funéraire (anthropophagie mortuaire).

Tout compte fait, le menu humain est un repas peu énergétique, mais l’homme est une proie plus facile à traquer qu’un gros animal.

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